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N°05 - Janvier 2010.
PECHEUR D'ANJOU N°35
Dans ce numéro :
- Anguille : tout va bien elle n'a pas encore totalement disparue
- Accessibilité en bateaux des rivières du départment
- Un nouvel outil pour les APN
- Mieux connaître les jeunes pêcheurs
Pour le consulter :
Améliorer ou détériorer la qualité d'Eau, là est la question …
La Fédération de Maine et Loire pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique a, parmi ses nombreuses missions, la surveillance des cours d'eau et l'amélioration de leur qualité. Pour cela elle est amenée à suivre l'élaboration de projets divers et à émettre, si elle le trouve nécessaire, son avis sur certains travaux touchant de près ou de loin aux cours d'eau ou aux zones humides du département. Ainsi, les lourds travaux de restructuration et d'aménagement foncier en cours de réalisation sur plusieurs communes de la vallée de l'Authion, même s'ils peuvent s'expliquer par certains aspects économiques, ne seront pas sans conséquence pour la qualité des rivières du secteur. A l'heure où le SDAGE (Schéma Directeur d'Aménagement et de Gestion des Eaux) Loire-Bretagne vient de fixer les orientations à suivre pour essayer d'atteindre en 2015 les objectifs fixés par la DCE (Directive Cadre européenne sur l'Eau), que le SAGE (Schéma d'Aménagement et de Gestion des Eaux) Authion est en phase de finalisation, doit-on réaliser de tels travaux ? En effet, d'une part, le drainage de nouvelles parcelles va entraîner un assèchement précoce des terrains, assèchement qu'il va ensuite falloir compenser par un apport supplémentaire en irrigation. D'autre part, les eaux d'assainissement des parcelles agricoles nouvellement drainées vont rejoindre et enrichir en nutriments l'Authion, cours d'eau déjà atteint d'eutrophisation chronique (le terme de dystrophisation est d'ailleurs plus approprié) et qui connaît chaque année une prolifération de lentilles d'eau ou d'algues de toutes sortes. Ces mêmes eaux se jetteront ensuite en Loire ne facilitant pas les opérations de traitement de l'eau et engendrant une augmentation du coût au robinet pour les habitants des cités ligériennes situées en aval dont l'approvisionnement en eau potable dépend du fleuve. De plus, alors que l'on demande des efforts financiers parfois importants aux particuliers afin qu'ils mettent aux normes leurs installations d'assainissement individuel dans le cadre des SPANC (Service Public d'Assainissement Non Collectif) et ce, dans le but d'améliorer la qualité des eaux de surface, doit-on subventionner avec des fonds publics des travaux à vocation agricole, tels que ceux prévus sur le bassin de l'Authion, qui iront en définitive à l'inverse du but recherché ? De même, en ce qui concerne l'utilisation des produits phytosanitaires, dont les normes sont fréquemment dépassées au niveau de l'eau distribuée au robinet, la politique de l'état au niveau départemental n'est pas très claire. Alors qu'un arrêté préfectoral complémentaire à la réglementation nationale vient enfin d'être pris (rappelons que depuis plusieurs années, de nombreux organismes de gestion des milieux aquatiques et de protection de l'environnement réclamaient un tel arrêté, et que ces demandes ont toujours été refusées par les différents préfets concernés); on peut s'interroger sur les propos du préfet actuel, retranscrits dans la presse locale lors de sa récente visite sur le bassin de l'Authion et sur sa volonté réelle de faire évoluer les choses. Aura-t-on un jour la raison et le sens de la responsabilité au sein des différents organismes pour mettre en place une politique de l'eau responsable sur le bassin versant de l'Authion qui prendra en compte en priorité la "Ressource" et non pas le "Besoin" ? Mais cette remarque pourrait s'appliquer à la totalité du territoire départemental. La fermeture prochaine de la prise d'eau potable de Segré sur l'Oudon n'est elle pas la preuve de l'échec d'une politique de l'Eau beaucoup trop timorée pour être réellement efficace malgré l'Intérêt Général qu'elle porte.
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